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Catégorie : Journal intime
Créé le :  13 févr. 2007 00h33 par b0udi
Modifié le :  18 févr. 2007 14h51
Visité :  20 fois Cette semaine :  0 fois

Description :
là où le sens de la plume se retrouve au milieu d'une marre de sens.


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Maman est morte
Créé le : 18 févr. 2007 14h45 Article posté par : Web

Maman est morte hier. Ou peut-être avant. Je ne sais plus très bien, et puis tout s’emmêle dans ma tête. Tout se brouille devant mes yeux.

Ce matin, le prêtre est entré dans ma chambre. Doucement. Dans sa soutane il m’a parlé. Il m’a prêté un costume sombre pour la cérémonie. Il disait que c’était la couleur de la mort. Un hommage posthume. Pourquoi honorer la mort qui a enlevé maman ? Je ne veux pas. Je ne l’aime pas. Quand le prêtre est sorti, tata m’a parlé. Elle était loin. Il n’y avait pas de chaleur dans ses mots. Elle m’a offert des mouchoirs, elle m’a dit qu’il fallait les porter aux yeux. Ca fait bien. Ca me fait mal. J’ai bien vu qu’elle avait ramassé la clef du coffre. Je n’ai rien dit.

Mes jambes ne me portent plus et il faut que je feigne la tristesse. Ca pique au cœur.

On a marché longtemps avec le chien. Il n’y avait pas de place pour moi dans le corbillard a dit tata. Je voulais être près de maman pourtant. Au cimetière je n’ai pas pleuré. J’ai écouté le sourire aux lèvres la litanie du prêtre. Je ne veux pas que Maman me voie pleurer. Je souhaite qu’elle me trouve fort, qu’elle soit fière. Je ne veux pas qu’elle ait de la peine en allant parler avec Dieu. Parce que je l’aime ma maman et qu’au paradis elle retrouvera Papa mort à la guerre.

Mais Tata ne l’a pas entendu de cette oreille alors elle a tiré les miennes. Elle disait aux voisins qui me regardaient la mine grave « Ne vous inquiétez pas il est submergé par l’émotion, le pauvre petiot ». Eux, pinçaient les lèvres et me regardaient sévèrement. Comme les maîtres d’école prêts à donner une correction à l’élève désobéissant. Je ne les avais jamais vu avant. Quand Maman était malade ils ne sont pas venus, il n’y avait que Mr Gérard le voisin de palier qui s’inquiétait de la santé de maman et qui me donnait des bonbons, pour sourire. Maman disait toujours qu’il faisait hiver et que les gens avaient peur de sortir. Elle se rassurait comme elle pouvait, elle ne regardait pas par la fenêtre. Elle avait trop peur de les voir s’amuser.

Ici, Ils marmonnaient tous des choses  fausses « je l’ai bien connu » « c’était une brave femme ». Tous des menteurs. Si tata ne me tenait pas en joug j’aurais tapé du poing pour leur faire manger leurs mots

Le prêtre a prononcé un autre sermon, il parle à dieu. Il dit que maman ira au paradis et qu’elle n’aura plus jamais mal. Je suis content pour elle, en plus de voir Papa elle rencontrera son seigneur.

Le prêtre a énoncé les dernières paroles et le cercueil tombe dans la fosse. Ploc. Tout le monde est parti, mouchoirs sur les yeux sourires aux visages.

« Viens » Tonton hurle. Je ne veux pas partir. A la catéchèse on nous a appris à nous recueillir sur les tombes des morts. Les religieux indiquaient clairement que les défunts avaient des oreilles mais pas de bouche. Ils nous répétaient qu’il fallait se confier. C’est bon pour le cœur.

Tonton avait sorti sa cravache. Les lambeaux de peau tombaient. Je retenais mes cris pour ne pas déranger maman et lui hurlait, hurlait, à me faire éclater la tête.

« 

-Ca va pas ? Faire ça à un gosse qui vient de perdre sa mère ? Crier à réveiller les morts ? Monsieur Gérard est intervenu pour me sortir des pattes de tonton.

-Oh Oh. Mêlez vous de vos affaires courtisan malhabile. Et souriez, on dirait que vous avez vu un fantôme, quelle tête d’enterrement.

Ils continuèrent. Je n’entendais pas leur charabia verbeux. Juste Des cris qui faisaient pleurer mes yeux pas plus.

Dans la rue, tout le monde me dévisage et murmure des choses incompréhensibles. Maman doit être contrariée là haut parceque la pluie s’est mise à tomber sur leurs cheveux. Ils insultent le ciel et dimanche ils iront à la messe pour se confesser. 

Et c’était partout pareil. La rumeur gonflait. J’étais l’enfant bizarre. Le bâtard orphelin.

Des Monsieurs m’emmenaient dans leurs caves pour me donner à manger. J’avais faim. Ils me caressaient. J’avais peur.

Maman…pourquoi t’es partie ?

Maman…mes veines pleurent comme dans les films et ton mouchoir blanc devient rouge de tristesse. Maman.

Le policier m'a arrêté. Insulte à la morale. Je ne sais pas ce que c'est. Juste que mes lacets serviront à ma fin.


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Ma famine
Créé le : 18 févr. 2007 14h44 Article posté par : Web

Je puiserai à l’eau de tes larmes cristallines,
Mon chagrin infini et ma vaine destinée ;
Le silence de tes maux en tes lèvres pétrifiées
Le violant du venin dont s’inspire ma famine

Ce chant qui s’exaltait, ce doux chant de tes mots,
S’enroulait précieusement au souffle de ton âme,
Animant le grand feu, et agitant les flammes
Du brasier amoureux qui s’éteint aux sanglots

Et les étoiles éteintes, au dessus de nos têtes,
Qui aggravaient sans doutes nos sourdes allusions,
Reflétaient parfaitement le néant sans frisson
La mort belle et fatale, et la fin des conquêtes

Propulsés en arrière, au puissant de nos drames
D’un silence impeccable tu me reprocha tout
Sans pouvoir prononcer ta sentence jusqu’au bout
Sans vouloir m’imposer tes mots comme un dictame

Silencieuse amertume, glissant sur mon visage ;
Aussi muette que toi et que ton au revoir !
S’accrocha à mes traits et à mon désespoir,
Et me griffait la peau d’invisibles carnages

Et les étoiles éteintes, au dessus de nos têtes,
Qui aggravaient sans doutes nos sourdes allusions,
Reflétaient parfaitement le néant sans frisson
La mort belle et fatale, et la fin des conquêtes

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Déca danse.
Créé le : 18 févr. 2007 14h40 Article posté par : Web

Décadence. Je rêve d’amers délices, et de calices à la bouche d'Alice. De fierté, de vol et de viols. De tes parfums capiteux, de nos désirs fouettés, de nos frustrations léchées. Je songe, singeant, signant. Promis, on portera les jars sur nos têtes. Juré, craché. Vomi. Des plumes à humer. Croix de bois, croix crois terre. On ira là bas. Nos larmes glissées sur une lame. On jettera nos cœurs au feu. L’envie purifiée, petrifiée attisée. Moi tu sais, mes rêves sont en berne sur l’avenir. Ils parlent de mots dans de paumes, et de paumés retrouvés. Au creux de la main, une ballade lyrique. Ils bohèment, morts. On ira là bas. Là où l’amour s’est gercé, fendu. Y a de la joie, et des armes, sous les lézardes. On essorera nos corps suintant l'envie sur les arbustes et les pouces. On boira l’herbe folle, en ronde autour des feux, nos guitares sur le corps. Tu veux bien ? Nos ombres en amies. Viens on essuie nos veines fatiguées sur les chrysanthèmes. Nos ténèbres en ornières. On fumera le tabac qu’on cultivera sous nos pieds, et on dévorera les plantes. J’en ai assez de ces océans de larmes. Moi je ne pleure pas. Alors moi je ne me nois pas. « Moi je » égocentrisme, amour morbide de soi. Viens on saute. Du sommet de mon ego. Pour voir si on tombe. Nous on dansait, dans les vagues désemparées, on s’enivrait à deux. Et puis nos souvenirs aux galops, ont bousculé toutes tes certitudes. T’as jeté ta cigarette, et enfilé un sourire pleurant. Et puis. Ca finit toujours par des « et puis ». A croire qu'on est tous des ramassis de banalitudes. Des histoires déjà vécues. Des brouillons, des ébauches dont les auteurs ne voulaient pas. Et puis on a étouffé. Mes rêves prenaient trop de place dans les tiens. L’odeur de souffre-rance, t’a annihilée. Ta larme d’espoir s’est desséchée, sous le soleil noir de ma tendre colère. Ton cerveau vidé. Ton âme consumée. Poussière. Tu piques nos yeux. Poussière. A la lisière de la vie, au crépuscule de la mort.
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Erection nocturne
Créé le : 18 févr. 2007 14h40 Article posté par : Web

Vespertine, évanescence claquante. Elle se fond dans l’air et s’y dilue. Perdue dans les reflets de verre, tu erres aux hasards des allées. Et venue tu n’as pas vaincu. Au mieux le corps exhibé, offert en pâture, morceaux de chairs ingrats quoi que trop gras, aux enchères des centimètres, toi allongée sur les lambeaux de ton être. Les lits enfoncées, le corps défoncé. Meurtrissures, tu susurres. Rrrr, agressivité mesquine. L’ode chamanique, t’entraîne et tu traînes, ta carcasse, crasse et casse. Tu ne sais plus. Quoi ? Qui entre, qui sort ? Ca ne tape plus, enfin seulement ton corps et les bleus. Les autres pénètrent, et comme on dit là bas c’est free, « open ». Ô peine, Ô rage, Ô des espoirs perdus. Tiens ? Enfin tu ne dirais pas ça, tu ne sais pas tenir. Tu succombes, vulgaire, tu t’empales sur les cierges mâles. Emballé, pas le cœur, non quoi qu’il doive battre dans un sachet d’horreur, mais toi. Où es tu ? Le cri de la vierge perdu « ihhhhhh » tu préfères les verges. Sans « i ». sensi-bilité ? Absente. Crucifiée, clouée. Pauvre amoureux trompé 10 fois, cent fois par fille sans foi. Lâche et lèche. Oh je ne suis pas littéraire, un petit peu de vomi. Tu en reprendras sûrement. Ca dégouline, comme le foutre au creux de tes reins. Dieu, que c’est simple de crocheter tes jambes et de s’y enfouir, avec toutes les peines qui s’amoncellent sous ce va et vient. Dernière vomissure pour un allez simple en enfer. You are dead. J’irai pisser sur ta tombe.

 

 

 

Eructons, ça sonne ailleurs. Cloche à double croche, tintement. Ting. Et des mers d’opale, des yeux de rien. Fusillade intérieure. Craquement. Coule, tu n’es pas hype. Tout juste un marchand de rêves froissés.

….

Repasse les qu’ils tournent droit, qu’ils tournent en

 

boucle. Des cycles de vies qui transpirent les absences en boule de sueur.

                                           Et on joue aux billes sur des vélos rouillés. On gratte les 3 fois rien pour mettre des cauchemars plein nos sacoches

                                           et les regarder danser dans les yeux fous. Fou-fou et flon-flon. Des nuages roses de sucre…
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Tic-Tac
Créé le : 18 févr. 2007 14h37 Article posté par : Web

Je vomis mes souvenirs 3 fois par jour. A intervalles réguliers, établis. C’est mon rituel, mon cycle de vie. Un tic-tac frémissant pour la réguler. Le médecin, celui qui fait l’angle de la rue et la bouche en angle droit, parle de TOCS. A l’école, mes « amis » qui me moquent toujours, murmurent « il est toc-toc ». Ma vie est faite de tic, de tac, de toc. Je suis une porte, qui toque, ou alors je porte une toque pour être un toqué. On me corrige pourtant, à coup de poings dans la gueule.

La maîtresse me reprend souvent. « Ne gâche pas ta vie Jonathan ». Elle ferait mieux de m’empêcher de la cracher, de me crasher. Et pas que par terre. Je rêve de me cogner dans les angles. C’est mon ambition.

Imaginez, une vie faite de ricochets, de rebonds et de bleus. On aurait la couleur ciel sur la peau, on collerait nos visages le soir pour taire la nuit, pour faire le jour. Je sais, je suis dingue. Et vous ne savez pas tout. Pas tous les mots, de simples mots. Des cadavres privés d’air. La respiration se fait, saccadée, sur papier. Dans les lignes de mon cahier, entre l’équation que je ne sais plus résoudre, et le bonheur que je ne veux pas dessiner. Attendez. Je change d’encre. Il faut des couleurs, du pastel, du rose, du mauve pour les humeurs et les envies. La couleur c’est l’intonation, la didascalie, du roman. Pour faire face aux discriminations entre genre, entre style, entre classe, on dresse un pont de couleur. Une couleuvre à avaler, plutôt...On balance, surtout les corps, on se reprend, ne pas oublier de respirer, de railler, de rougir, sinon on se repend. Et pas pour s’excuser. On monte nos souvenirs sur des monticules, on en fait des tabourets pour monter au plafond. Je secoue le stylo, si je crève le o, je me retrouve avec un e. Un style crevé. Une ampoule.

A force de changer d’encre, on s’en met partout sur les doigts, on colorie sa vie, dépassant toujours des contours. Pour se prouver qu’on est sans limites, sans carcan, sans boite. Quitte à s’emboîter le pas, le déhancher. Le stylo bave les rêves, et pendant mes rêves je bave. Le stylo envoie les lettres par la plume les lettres que je n’enverrai jamais par la poste. A cause de la peur des boites jaunes. Elles avalent la vie tout au long de la journée, toujours, constamment. Un flux continu de papier à ingérer, comme une poubelle, qu’on éventre 2 fois par jour, qui vomit 2 fois son trop plein dans les bras d’un homme.

Alors, oui j’ai peur de devenir une boite jaune. Peur de ne plus évacuer ma vie dans une cuvette, mais dans un sac. Comme dans l’avion. Qui fait passer la vie, rapidement. Trop vite...Elle trépasse.

Voilà, vous voyez la ligne de ma vie enfantine, sinueuse comme mon esprit, chargée de Je, de moi de mon et de vaux.

   Au quotidien, présent, je traverse des pavés à trois francs si soûls. Et s’ils se dérobent sous mes pieds, ce n’est que pour se ranger sous mon bras. Prêts à être dévorés. Je marche sur les mêmes avenues, j’écrase le même quotidien, je caresse les mêmes sourires, j’esquisse les mêmes lettres sur mes cahiers. Le soir en rentrant, je barbouille l’estomac d’une jeune fille de blanc nacré. Elle allonge sur ses reins mes peines, les plus morbides, caresse à mon oreille les mots les plus doux. Qui me rassurent. En échange il faut payer. Ce n’est pas bien cher, à en croire tous les couples qui vous bousculent sur les quais des gares. Mais feindre, c’est trop douloureux quand on est passionné, feindre c’est marteler à son oreille, hurler à son esprit qu’on est seul et incompris, qu’il faut faire semblant pour avoir une ébauche de relations. MENSONGE. Il est sacré en amour, puisqu’il s’articule tout à fait autour de lui. Disons, dans la plupart des couples, pour ne pas froisser les exceptionnels, les extraordinaires. Les putains de l’amour, oui. Ceux qui l’exposent, le prostituent au gré des regards, s’embrasse dans les miroirs. Un amour qu’on voit en pseudo, en agenda, en cri dans les métros, qu’on mesure en litre bave ou au volume de préservatifs.

J’en suis incapable, c’est simple, être un maître de conférence sur les trottoirs, ne m’intéresse pas, je ne suis pas un mannequin dont on observe les déambulations, les tribulations, la délation et les fellations faites en publiques. Mais pudiques, attention. On suce, la moelle surtout. On essuie, le coin de la lèvre.

Je suis un excès, ou alors un abcès. J’aimerai crever sur la route. Allongé dessus. J’écorcherai mes mains à caresser mon amour. C’est paradoxal de fustiger l’amour et d’en être un subordonné, celui le plus dévoué, le plus zélé. Je suis son champ, son souffle courbe mon herbe, mon blé, incline mon esprit surtout et lève ma tête.

Dans la nuit, la grande nuit, même étoilée, il faut apprendre à vivre en aveugle et désespéré. Tâtonner à deux.

 

Assez. Présentation !

Bahnonj Naidou. C’est moi. J’écris

 

Mais revenons à mon être chaotique et mégalomaniaque.

 

Je me remémore des souvenirs.
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